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  Critiques des concerts
   
  Ilusiones contagiosas (Illusions contagieuses)
    Revue Goldberg, nº 33, avril 2005, p.4
  El capitán maestro (Le capitán maestro)
    Revue Scherzo, nº 196, avril 2005, p.36
  Cervantes, descanse en paz (Que Cervantes repose en paix)
    Revue Ritmo, nº 744, avril 2005, p.31
  Entre aventuras y encantamientos (Entre aventures et enchantements)
    El País, 1/3/2005
  Resurrección (Résurrection)
    El País, 20/2/2005
     
  Critiques des disques
     
  Entre aventuras y encantamientos
    Revista Scherzo, nº 199, juillet 2005, p. 66.
    Diario de Sevilla, 21/5/2005
  José de Nebra: Stabat Mater. Música vocal sacra en latín
    ABC. ABCD las artes y las letras, 25/6/2005
     
     
Ilusiones contagiosas (Illusions contagieuses)
Juan Ángel Vela del Campo
Revue Goldberg, nº 33, avril 2005, p. 4

"[…] Parmi ceux qui déployèrent ces efforts pour chercher symboliquement 'des arbres, des herbes et des plantes vives' comme dit Miguel de Cervantes pour l'une des pièces musicales de Mateo Romero (1575-1647), il faut citer ici le maître de chapelle Ángel Recasens, chevalier errant des causes impossibles, avec un flair à la William Christie pour dénicher les voix, une ténacité digne de Curtis quand il s'agit de trouver des partitions insolites et un enthousiasme qui rappelle López Banzo pour transmettre la musique. Il vient de présenter dans l'église tout juste rénovée de San Agustín el Viejo, de Talavera de la Reina, un programme sur 'Don Quichotte dans la musique' et aux Jerónimos de Madrid un Requiem à huit voix pour Cervantes, de son contemporain Mateo Romero. Recasens est un idéaliste ; comme le sont beaucoup de ceux qui apparaissent dans ce commentaire. Des navigateurs fendant des mers de cristal avec des sacoches pleines de trésors. Des trésors d'un genre musical, bien sûr, et non d'une autre sorte.
   
El capitán maestro (Le capitán maestro)
Florentino Gracia Utrillas
Revue Scherzo, nº 196, avril 2005, p. 36


Programme: Mateo Romero, Requiem
XVème Festival d'Art Sacré de la Communauté Autonome de Madrid
Madrid, église de San Jerónimo el Real, 18/2/2005


"La Communauté Autonome de Madrid a eu la bonne idée de nous faire connaître l'univers musical de Mateo Romero, en ouvrant le XVème Festival d'Art Sacré avec un concert dans l'église de San Jerónimo el Real au cours duquel, sous le titre générique de 'Requiem pour Cervantes', sa Missa pro defunctis a été exécutée, de même que quelques répons de son contemporain Pedro Ruimonte (1565-1627). Ce concert a été donné par le groupe vocal et instrumental Grande Chapelle ainsi que par la Schola Antigua, en charge des parties de plain-chant, tous deux sous la direction d'Ángel Recasens. C'est une version sans failles que nous a offerte la Grande Chapelle, tant au niveau vocal qu'en ce qui concerne le soutien instrumental ponctuel. Les douze voix qui intégraient l'ensemble ont réalisé une lecture nette, au phrasé parfait, tout particulièrement lors des passages exécutés par groupes de quatre qui méritent d'être soulignés. […] Les applaudissements chaleureux du public furent récompensés par une œuvre hors programme, l'hymne marial Tota pulchra de Sebastián de Velasco (1584-1659)".
   
Cervantes, descanse en paz (Que Cervantes repose en paix)
Luis Mazorra Incera
Revue Ritmo,
nº 774, avril 2005, p. 31

"Un ensemble cohérent, soigné et uni où, à l'efficacité de l'exécution polyphonique de la Grande Chapelle (Capilla Príncipe de Viana), groupe important de chanteurs et de musiciens pour d'opportunes tâches de soutien instrumental, dirigés par Ángel Recasens, s'est ajoutée la ligne monophonique de la Schola Antigua dirigée par Juan Carlos Asensio dans le plain-chant. Etrange synchronie anachronique ou anachronisme synchronique, qui nous empêche de 'reposer en paix' -lors de l'inauguration du XVème Festival d'Art Sacré de la Communauté Autonome de Madrid- en marge de la contingence royale du cadre symbolique et sacré dans lequel il prend place aujourd'hui."
   
Entre aventuras y encantamientos (Entre aventures et enchantements)
Juan Ángel Vela del Campo
El País, 1/3/2005

Programme: Entre aventures et enchantements. Musique pour Don Quichotte
Cycle Musique et Patrimoine, de Caja Madrid
Talavera de la Reina (Tolède), église de San Agustín, 27/2/2005


"Ángel Recasens, authentique maître de chapelle, à l'ancienne façon, a de nouveau confirmé sa maestria avec un programme consacré aux musiques pour Don Quichotte. Recasens a déjà derrière lui un long parcours et il reste cependant l'un des secrets les mieux gardés de l'excellence dans l'interprétation du répertoire espagnol des XVIIème et XVIIIème siècles. L'ensemble Grande Chapelle s'est imposé dans ce répertoire. Très naturel dans les pièces d'un grand travail polyphonique comme celles de Mateo [Romero] (1575-1647), ou capable de mettre à profit les valeurs expressives de la réverbération dans celles de Joan Pau Pujol ou Pedro Guerrero sur un texte de Garcilaso de la Vega, dont l'ultime phrase -'Jaillissez sans douleur, mes larmes, coulez'- nous donna tout simplement la chair de poule.
Chacune des chansons était précédée dans les programmes d'un fragment du Quichotte. La sélection poétique de Lola Josa, et celle musicale de Mariano Lambea, sont remarquables. Et l'interprétation a été exemplaire, à tous les niveaux, instrumental et vocal. Mis à part le directeur, tous les musiciens étaient étrangers. On pourrait le déduire de leur physique, mais non de leur prononciation ou de leur style. Recasens, pour finir : si rigoureux dans chaque petit, ou finalement pas si petit, détail. Ce fut un concert gratifiant, accueilli chaleureusement par un public qui ne fit pas un bruit dans une nef bondée.
   
Resurrección (Résurrection)
Luis Suñén
El País, 20/2/2005

Programme: Mateo Romero, Requiem
XVème Festival d'Art Sacré de la Communauté Autonome de Madrid
Madrid, église de San Jerónimo el Real, 18/2/2005


"La famille Recasens est terrible. Ángel, le père, est un magnifique chef de chœur qui se consacre aujourd'hui à la musique ancienne. Son fils Albert, un musicologue de ceux qui savent sauver ce patrimoine plus ou moins perdu. Et à eux deux, afin d'ouvrir le XVème Festival d'Art Sacré organisé par la Communauté Autonome de Madrid, ils ont ressuscité la Missa pro defunctis de Mateo Romero (1575-1647). Et ils l'ont donnée telle qu'elle devait être, selon eux, à son époque, avec le plain-chant de cette merveille qu'est la Schola Antiqua que dirige Juan Carlos Asensio, et en y ajoutant le fabuleux De Profundis de Pedro Ruimonte (1565-1627), pour couronner une si belle musique. Si l'on ajoute à cela la pertinence de San Jerónimo el Real comme cadre, l'offre ne pouvait être meilleure.
La Minerve de Romero est moins luxueuse, moins sensuelle, moins charnelle que celle de Victoria, Guerrero ou Morales, c'est une musique moins liée au monde terrestre. Recasens a excellemment rendu cet univers empli de beautés et son nouvel ensemble, Grande Chapelle, issu de l'agrandissement naturel de la Capilla Príncipe de Viana, a fait plus que suffisamment la preuve de sa capacité à occuper une place d'honneur dans ce monde, déjà si concurrencé, de la musique ancienne."
 
  Una banda sonora para El Quijote (Une bande son pour Le Quichotte)
Pablo J. Vayón
Revista Scherzo, nº 199, juillet 2005, p. 66.
"En cette année de commémoration du quatre-centième anniversaire de la publication de la première partie du Quichotte, les travaux discographiques qui présentent l'ambiance sonore dans laquelle travailla Cervantes et dans laquelle évoluent les personnages du roman, ne pouvaient manquer. […] Ces deux travaux constituent une approche de l'œuvre maîtresse de Cervantes à partir de des points de vue différents que l'on peut estimer complémentaires. Si Ángel Recasens prend le parti d'une fidélité absolue à la littéralité du roman, au point d'avoir recours au contrafactum pour mettre en musique quelques-uns de ses poèmes, et de faire reposer une grande part du poids de l'interprétation sur la polyphonie des voix, José Miguel Moreno offre un panorama beaucoup plus général, une chronique d'ambiance presque, autour de la figure de l'écrivain et de ses personnages. Ses re-créations oscillent continuellement entre les danses purement instrumentales et les chansons pour solistes avec accompagnement.
Formée récemment à partir de la Capilla Príncipe de Viana, La Grande Chapelle apparaît comme un projet solide et de grande portée, puisque Ángel Recasens a réussi à s'entourer de plusieurs des principales figures de la musique ancienne européenne. Des chanteurs comme Cécile Kempenaers, Hervé Lamy ou Lieven Termont et des musiciens comme les flûtistes Bart Coen et Peter de Clercq, le gambiste Piet Stryckers, le luthiste Philippe Malfeyt ou la harpiste Hannelore Devaere sont des figures connues des groupes européens les plus importants spécialisés dans la musique de la Renaissance et du premier Baroque (Capilla flamenca, Ensemble Romanesca, Huelgas Ensemble…)
Une première partie du travail de Recasens et de son groupe est consacrée à des thèmes du Romancero, avec des musiques anonymes extraites du Cancionero de Turín ou du Libro de Tonos Humanos conservé à la Bibliothèque Nationale de Madrid. Beaucoup n'a jamais coûté peu, de Carlos Patiño ou Sur le tronc d'un myrte verdoyant de Fray Gerónimo seraient également à inclure dans cette catégorie. La Grande Chapelle offre des versions coloristes de ces pièces, d'une grande vivacité rythmique et d'un riche mélange de timbres instrumentaux et vocaux. Un Tiento de cuarto tono de Sebastián de Aguilera de Heredia, transposé pour un ensemble instrumental, sert de transition au disque dont la seconde partie est dominée par une tonalité plus austère en matière de couleur, par l'inclusion de quelques thèmes religieux (un Miserere, incomplet, de Mateo Romero et le Super flumina babylonis de Victoria) et par le recours au contrafactum évoqué plus haut. Il s'agit de pas moins de cinq poèmes inclus dans le Quichotte, sur lesquels aucune musique n'avait jamais été écrite (Arbres, herbes et plantes, Voici venir Sancho Pança, Passion d'amour écarte l'âme, Amour, quand je viens à songer et Ci-gît le robuste hidalgo) ; on leur a adjoint la musique de Romero, Chacón, des compositions anonymes ou de Joan Pau Pujol. L'interprétation de cette seconde partie du CD est, on l'a dit, plus austère, avec des versions a cappella du Miserere de Romero et de Oh, plus dure que le marbre à mes plaintes! de Pedro Guerrero sur le célèbre poème de Garcilaso. Un grand raffinement dans le phrasé et un soin exquis dans la prosodie (la prononciation des chanteurs du groupe de Recasens, tous étrangers, est admirable) apportent la touche finale à un travail très intéressant, du fait de l'originalité du répertoire et d'interprétations contrastées et élégantes.
[…] Comme nous l'avons dit, ce sont deux travaux complémentaires, qui peuvent constituer une magnifique bande son pour accompagner les aventures du personnage romanesque le plus célèbre de la littérature universelle".
 
 
Glosas y canciones para el caballero de la triste figura (Gloses et chansons pour le chevalier à la triste figure)
Pablo J. Vayón
Diario de Sevilla, 21/5/2005
"[...] En ce sens, une grande partie de l'attention musicale de cette année d´hommage à Cervantes a cherché à dévoiler, à analyser et à présenter des musiques inspirées par le Quichotte, du XVIIème jusqu'à nos jours. En revanche, les deux disques choisis aujourd'hui pour cette rubrique présentent ce que fut l'ambiance musicale dans laquelle le roman fut créé. Si José Miguel Moreno, à la tête de son Orphénica Lyra, s'en tient à la présentation de romances, chansons et danses variées de l'époque de Cervantes, musique que l'écrivain madrilène a très bien pu connaître, Ángel Recasens va plus loin, en présentant quelques textes extraits du Quichotte, couplés avec des mélodies préexistantes, selon le procédé, habituel à l'époque, du contrafactum.
Entre aventuras y encantamientos constitue ainsi un apport singulier à la musique espagnole des XVIème et XVIIème siècles. Recasens est parvenu à réunir dans La Grande Chapelle un ensemble très intéressant de chanteurs et d'instrumentistes européens, parmi lesquels se détachent la soprano Cécile Kempenaers, le ténor Hervé Lamy, le baryton Lieven Termont, le flûtiste Bart Coen ou la harpiste Hannelore Devaere. Leurs interprétations de différents romances anonymes et de la musique, religieuse et profane, de Victoria, Mateo Romero, Carlos Patiño, Pedro Guerrero ou Joan Pau Pujol sont d'un raffinement et d'une délicatesse remarquables. La richesse de ces versions repose sur les voix puisqu'on ne tente pas de cacher la trame polyphonique des œuvres, que l'on met, au contraire, en valeur, avec l'interprétation de quelques pièces a capella.
[…] Deux disques qui, peut-être, serviront à confirmer la sentence de l'hidalgo de la Manche : "où il y a de la musique, il ne peut y avoir de mal" ".
 
 
Nebra
Alberto González Lapuente
ABC. ABCD las Artes y Letras, 25/6/2005

"La célébration du trois-centième anniversaire de la naissance de José de Nebra a laissé dans son sillage cet enregistrement consacré à sa 'musique vocale sacrée en latin'. Sous cette appellation sont regroupées quelques-unes de ses dernières compositions. On y découvre un Stabat Mater d'une réelle importance ou le motet Circumdederunt me, qui fait entendre les voix seules et constitue un exemple de profondeur conceptuelle. L'interprétation de la Capilla Príncipe de Viana, dirigée Ángel Recasens, est d'une richesse vocale extrême, d'une grande justesse, soucieuse de se montrer fidèle au texte, mesurée dans ses intentions et entourée par une sonorité que la technique enveloppe d'une certaine épaisseur. Le caractère inédit des œuvres et leur diffusion limitée augmentent la valeur de ce travail qui s'abandonne si résolument à la "douce" musique du compositeur aragonais."  
   
 

La Grande Chapelle
(Capilla Príncipe de Viana)

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