Goldberg Magazine, nº 36, november 2005, p. 83.
Scherzo Magazine, nº 199, july 2005, p. 66.
     
Una banda sonora para El Quijote (Une bande son pour Le Quichotte)
Pablo J. Vayón
Revista Scherzo, nº 199, juillet 2005, p. 66.

"En cette année de commémoration du quatre-centième anniversaire de la publication de la première partie du Quichotte, les travaux discographiques qui présentent l'ambiance sonore dans laquelle travailla Cervantes et dans laquelle évoluent les personnages du roman, ne pouvaient manquer. […] Ces deux travaux constituent une approche de l'œuvre maîtresse de Cervantes à partir de des points de vue différents que l'on peut estimer complémentaires. Si Ángel Recasens prend le parti d'une fidélité absolue à la littéralité du roman, au point d'avoir recours au contrafactum pour mettre en musique quelques-uns de ses poèmes, et de faire reposer une grande part du poids de l'interprétation sur la polyphonie des voix, José Miguel Moreno offre un panorama beaucoup plus général, une chronique d'ambiance presque, autour de la figure de l'écrivain et de ses personnages. Ses re-créations oscillent continuellement entre les danses purement instrumentales et les chansons pour solistes avec accompagnement.
Formée récemment à partir de la Capilla Príncipe de Viana, La Grande Chapelle apparaît comme un projet solide et de grande portée, puisque Ángel Recasens a réussi à s'entourer de plusieurs des principales figures de la musique ancienne européenne. Des chanteurs comme Cécile Kempenaers, Hervé Lamy ou Lieven Termont et des musiciens comme les flûtistes Bart Coen et Peter de Clercq, le gambiste Piet Stryckers, le luthiste Philippe Malfeyt ou la harpiste Hannelore Devaere sont des figures connues des groupes européens les plus importants spécialisés dans la musique de la Renaissance et du premier Baroque (Capilla flamenca, Ensemble Romanesca, Huelgas Ensemble…)
Une première partie du travail de Recasens et de son groupe est consacrée à des thèmes du Romancero, avec des musiques anonymes extraites du Cancionero de Turín ou du Libro de Tonos Humanos conservé à la Bibliothèque Nationale de Madrid. Beaucoup n'a jamais coûté peu, de Carlos Patiño ou Sur le tronc d'un myrte verdoyant de Fray Gerónimo seraient également à inclure dans cette catégorie. La Grande Chapelle offre des versions coloristes de ces pièces, d'une grande vivacité rythmique et d'un riche mélange de timbres instrumentaux et vocaux. Un Tiento de cuarto tono de Sebastián de Aguilera de Heredia, transposé pour un ensemble instrumental, sert de transition au disque dont la seconde partie est dominée par une tonalité plus austère en matière de couleur, par l'inclusion de quelques thèmes religieux (un Miserere, incomplet, de Mateo Romero et le Super flumina babylonis de Victoria) et par le recours au contrafactum évoqué plus haut. Il s'agit de pas moins de cinq poèmes inclus dans le Quichotte, sur lesquels aucune musique n'avait jamais été écrite (Arbres, herbes et plantes, Voici venir Sancho Pança, Passion d'amour écarte l'âme, Amour, quand je viens à songer et Ci-gît le robuste hidalgo) ; on leur a adjoint la musique de Romero, Chacón, des compositions anonymes ou de Joan Pau Pujol. L'interprétation de cette seconde partie du CD est, on l'a dit, plus austère, avec des versions a cappella du Miserere de Romero et de Oh, plus dure que le marbre à mes plaintes! de Pedro Guerrero sur le célèbre poème de Garcilaso. Un grand raffinement dans le phrasé et un soin exquis dans la prosodie (la prononciation des chanteurs du groupe de Recasens, tous étrangers, est admirable) apportent la touche finale à un travail très intéressant, du fait de l'originalité du répertoire et d'interprétations contrastées et élégantes.
[…] Comme nous l'avons dit, ce sont deux travaux complémentaires, qui peuvent constituer une magnifique bande son pour accompagner les aventures du personnage romanesque le plus célèbre de la littérature universelle".
 
   
Glosas y canciones para el caballero de la triste figura (Gloses et chansons pour le chevalier à la triste figure)
Pablo J. Vayón
Diario de Sevilla, 21/5/2005

"[...] En ce sens, une grande partie de l'attention musicale de cette année d´hommage à Cervantes a cherché à dévoiler, à analyser et à présenter des musiques inspirées par le Quichotte, du XVIIème jusqu'à nos jours. En revanche, les deux disques choisis aujourd'hui pour cette rubrique présentent ce que fut l'ambiance musicale dans laquelle le roman fut créé. Si José Miguel Moreno, à la tête de son Orphénica Lyra, s'en tient à la présentation de romances, chansons et danses variées de l'époque de Cervantes, musique que l'écrivain madrilène a très bien pu connaître, Ángel Recasens va plus loin, en présentant quelques textes extraits du Quichotte, couplés avec des mélodies préexistantes, selon le procédé, habituel à l'époque, du contrafactum.
Entre aventuras y encantamientos constitue ainsi un apport singulier à la musique espagnole des XVIème et XVIIème siècles. Recasens est parvenu à réunir dans La Grande Chapelle un ensemble très intéressant de chanteurs et d'instrumentistes européens, parmi lesquels se détachent la soprano Cécile Kempenaers, le ténor Hervé Lamy, le baryton Lieven Termont, le flûtiste Bart Coen ou la harpiste Hannelore Devaere. Leurs interprétations de différents romances anonymes et de la musique, religieuse et profane, de Victoria, Mateo Romero, Carlos Patiño, Pedro Guerrero ou Joan Pau Pujol sont d'un raffinement et d'une délicatesse remarquables. La richesse de ces versions repose sur les voix puisqu'on ne tente pas de cacher la trame polyphonique des œuvres, que l'on met, au contraire, en valeur, avec l'interprétation de quelques pièces a capella.
[…] Deux disques qui, peut-être, serviront à confirmer la sentence de l'hidalgo de la Manche : 'où il y a de la musique, il ne peut y avoir de mal' ".
 
   
 
       
     
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