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Una banda sonora
para El Quijote (Une bande son pour
Le Quichotte)
Pablo J. Vayón
Revista Scherzo, nº 199, juillet 2005, p. 66.
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"En cette année de commémoration
du quatre-centième anniversaire de la publication de la première
partie du Quichotte, les travaux discographiques qui présentent
l'ambiance sonore dans laquelle travailla Cervantes et dans laquelle
évoluent les personnages du roman, ne pouvaient manquer.
[
] Ces deux travaux constituent une approche de l'uvre
maîtresse de Cervantes à partir de des points de vue
différents que l'on peut estimer complémentaires.
Si Ángel Recasens prend le parti d'une fidélité
absolue à la littéralité du roman, au point
d'avoir recours au contrafactum pour mettre en musique quelques-uns
de ses poèmes, et de faire reposer une grande part du poids
de l'interprétation sur la polyphonie des voix, José
Miguel Moreno offre un panorama beaucoup plus général,
une chronique d'ambiance presque, autour de la figure de l'écrivain
et de ses personnages. Ses re-créations oscillent continuellement
entre les danses purement instrumentales et les chansons pour solistes
avec accompagnement.
Formée récemment à partir de la Capilla Príncipe
de Viana, La Grande Chapelle apparaît
comme un projet solide et de grande portée, puisque Ángel
Recasens a réussi à s'entourer de plusieurs des principales
figures de la musique ancienne européenne. Des chanteurs
comme Cécile Kempenaers, Hervé Lamy ou Lieven Termont
et des musiciens comme les flûtistes Bart Coen et Peter de
Clercq, le gambiste Piet Stryckers, le luthiste Philippe Malfeyt
ou la harpiste Hannelore Devaere sont des figures connues des groupes
européens les plus importants spécialisés dans
la musique de la Renaissance et du premier Baroque (Capilla flamenca,
Ensemble Romanesca, Huelgas Ensemble
)
Une première partie du travail de Recasens et de son groupe
est consacrée à des thèmes du Romancero,
avec des musiques anonymes extraites du Cancionero de Turín
ou du Libro de Tonos Humanos conservé à la
Bibliothèque Nationale de Madrid. Beaucoup n'a jamais
coûté peu, de Carlos Patiño ou Sur le
tronc d'un myrte verdoyant de Fray Gerónimo seraient
également à inclure dans cette catégorie.
La Grande Chapelle offre des versions coloristes de ces pièces,
d'une grande vivacité rythmique et d'un riche mélange
de timbres instrumentaux et vocaux. Un Tiento de cuarto
tono de Sebastián de Aguilera de Heredia, transposé
pour un ensemble instrumental, sert de transition au disque dont
la seconde partie est dominée par une tonalité plus
austère en matière de couleur, par l'inclusion de
quelques thèmes religieux (un Miserere, incomplet,
de Mateo Romero et le Super flumina babylonis de Victoria)
et par le recours au contrafactum évoqué plus
haut. Il s'agit de pas moins de cinq poèmes inclus dans le
Quichotte, sur lesquels aucune musique n'avait jamais été
écrite (Arbres, herbes et plantes, Voici venir Sancho
Pança, Passion d'amour écarte l'âme, Amour,
quand je viens à songer et Ci-gît le robuste
hidalgo) ; on leur a adjoint la musique de Romero, Chacón,
des compositions anonymes ou de Joan Pau Pujol. L'interprétation
de cette seconde partie du CD est, on l'a dit, plus austère,
avec des versions a cappella du Miserere de Romero et de
Oh, plus dure que le marbre à mes plaintes! de Pedro
Guerrero sur le célèbre poème de Garcilaso.
Un grand raffinement dans le phrasé
et un soin exquis dans la prosodie (la prononciation des
chanteurs du groupe de Recasens, tous étrangers, est admirable)
apportent la touche finale à un travail
très intéressant, du fait de l'originalité
du répertoire et d'interprétations contrastées
et élégantes.
[
] Comme nous l'avons dit, ce sont deux travaux complémentaires,
qui peuvent constituer une magnifique bande son pour accompagner
les aventures du personnage romanesque le plus célèbre
de la littérature universelle".
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Glosas y canciones
para el caballero de la triste figura (Gloses
et chansons pour le chevalier à la triste figure)
Pablo J. Vayón
Diario de Sevilla, 21/5/2005
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"[...] En ce sens, une grande partie de
l'attention musicale de cette année d´hommage à
Cervantes a cherché à dévoiler, à analyser
et à présenter des musiques inspirées par le
Quichotte, du XVIIème jusqu'à nos
jours. En revanche, les deux disques choisis aujourd'hui pour cette
rubrique présentent ce que fut l'ambiance musicale dans laquelle
le roman fut créé. Si José Miguel Moreno, à
la tête de son Orphénica Lyra, s'en tient à
la présentation de romances, chansons et danses variées
de l'époque de Cervantes, musique que l'écrivain madrilène
a très bien pu connaître, Ángel
Recasens va plus loin, en présentant quelques textes
extraits du Quichotte, couplés avec des mélodies
préexistantes, selon le procédé, habituel à
l'époque, du contrafactum.
Entre aventuras y encantamientos constitue
ainsi un apport singulier à la musique espagnole des XVIème
et XVIIème siècles. Recasens est parvenu
à réunir dans La Grande Chapelle un ensemble très
intéressant de chanteurs et d'instrumentistes européens,
parmi lesquels se détachent la soprano Cécile Kempenaers,
le ténor Hervé Lamy, le baryton Lieven Termont, le
flûtiste Bart Coen ou la harpiste Hannelore Devaere.
Leurs interprétations de différents romances
anonymes et de la musique, religieuse et profane, de Victoria, Mateo
Romero, Carlos Patiño, Pedro Guerrero ou Joan Pau Pujol sont
d'un raffinement et d'une délicatesse remarquables. La richesse
de ces versions repose sur les voix puisqu'on ne tente pas de cacher
la trame polyphonique des uvres, que l'on met, au contraire,
en valeur, avec l'interprétation de quelques pièces
a capella.
[
] Deux disques qui, peut-être, serviront à confirmer
la sentence de l'hidalgo de la Manche : 'où il y a de la
musique, il ne peut y avoir de mal' ".
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